On (je) se (me) demande souvent (à petite et grande échelle) pourquoi les choses ne se mettent pas en place d’elles-mêmes, pourquoi ça ne va pas plus vite, pourquoi on n’est pas resté, pourquoi on est encore là, pourquoi on n’est pas millionnaire, pourquoi ça n’arrive qu’aux autres et pas à nous.

Le genre de questions qui rebondissent de la table au plancher, du sous-sol au grenier et d’un mur à l’autre dans un jeu de ultimate ping pong à l’infini. Don’t overthink it, qu’ils disent. Ça ne vous mènera nulle part.

On angoisse pour les choses qui auraient normalement dû se passer, selon le stade de vie auquel on est, et selon les savants calculs d’un flot, qui, 20 ans plus tôt, croyait encore naïvement qu’on n’avait qu’à vouloir pour pouvoir (allo, je vais avoir 30 ans).

L’enfant n’avait pourtant pas tort. Il ne connaissait peut-être encore rien à ‘’la vie’’, mais il se connaissait probablement bien mieux que l’adulte qu’il est devenu aujourd’hui. Tout en couleur et en matière brute, sans la poussière du temps, des chagrins d’amour et des factures qui s’accumulent au rythme des kilowatts au compteur électrique.

Sous cet amoncellement d’objets, de jugements, d’insatisfactions et d’incertitudes, il y a nous, il y a vous. Votre matière brute, vos couleurs vives, votre innocence, votre fragilité, vos rêves et vos plus naïves aspirations. Le retour aux sources, c’est vital, et ça passe par la simplicité, le peu, le moins. Moins on en a (de choses, de responsabilités, d’ennuis), plus on se sent libre, léger, et finalement, vivant.

Le stress d’un quotidien réglé au quart de tour, ça vous ronge une  joie de vivre ….! Pas étonnant qu’on entende si souvent parler de ces couples qui ont tout laissé derrière pour aller conquérir le monde avec pour seul objectif, on va s’le dire, d’échapper pour quelques temps au tourbillon infernal et maladif dans lequel se complait notre société, en espérant éviter le spleen du retour.

Respirer pour mieux se retrouver. Pour mieux cerner qui on est.

L’appétit vient en mangeant, l’inspiration vient en inspirant.

Maintenant, il faudrait apprendre à expirer, et à laisser-aller.